La Poétesse des Impératrices - Jocelyne GODARD

Banzaï ! « Dix mille ans de vie » : le cri de joie du peuple japonais quand un nouvel empereur monte sur le trône.

En l’an 686, quand l’impératrice Jito règne, le Japon est en pleine émergence. Bouddha a été installé par l’impératrice Suiko et le pays ne demande plus qu’à se développer à l’exemple de leurs puissants voisins les Chinois.

L’écriture japonaise, bien qu’elle s’adapte encore sur l’exemple de l’écriture chinoise, s’élargit considérablement. Après le Kyuji, recueil de mythes et de légendes anciennes, le Japon met en place le Kojiki, chronique d’un Japon d’autrefois et le Nihon-Shoki, une histoire sur l’évolution du Japon.

Mais l’époque de Nara, c’est surtout l’élaboration de l’immense Man-Yoshu, la première anthologie de poésie japonaise. Y figurent de nombreuses poétesses dont la plus célèbre Otomo Sakanoue Iratsume. Si on connaît peu de choses sur elle à l’exception de ses poèmes, du nom de son époux, de ses amants, de l’existence de ses filles et des personnages qui l’ont entourée, on sait aussi qu’elle a vécu assez longtemps pour voir s’installer quatre impératrices et deux empereurs.

Il m’a plu de faire revivre cette grande poétesse en imaginant la vie qu’elle aurait pu avoir à la cour de Nara avec les luttes et les fléaux naturels de cette époque : les conflits internes, les incendies détruisant les palais et les temples, les épidémies de variole décimant la population et, bien sûr, les deux grandes ambassades en Chine à l’époque des Tang, celle de l’an 719 et de l’an 753.