Manihi, jeune polynésienne, accouche de jumeaux contre l’avis de sa famille qui voulait qu’elle avorte ou qu’elle pratique le faamu, c’est-à-dire qu’elle donne ses enfants à adopter. Mais Manihi résiste et décide d’élever seule ses deux nourrissons, exaspérée par les agissements d’une mère intrusive et l’inertie d’un père, à l’image de bien des hommes polynésiens, complètement dépassé par la situation.

Et puis, c’est le drame ! L’accident qui va tout chambouler. Pendant l’hospitalisation de Manihi, une de ses tantes donne un des deux bébés à une famille d’une autre île...

Très loin des clichés touristiques aux odeurs de vanille et aux déhanchements de sublimes jeunes filles couvertes de fleurs, ce roman, servi par une écriture fluide, simple, mordante mais non dénuée d’humour, nous entraîne dans l’envers du décor de ces îles paradisiaques, dans la réalité brute d’une vie difficile que les popaa (les blancs) ne soupçonnent même pas. Une chronique sociale qui nous immerge dans le quotidien d’une jeune femme maori qui doit se battre pour s’élever, gagner son indépendance et lutter contre la douleur des traditions ancestrales.