Christine MAchureau

Menant de front une vie de famille, une carrière commerciale, des recherches en histoire et en religions anciennes pendant cinquante ans, Christine Machureau s’affirme comme une romancière du Moyen-Âge.

Ayant enfin à elle les vingt-quatre heures du jour libérées de toute obligation, c’est avec une écriture précise et une grande rigueur (acquise pendant ses études scientifiques) qu’elle manie l’Histoire, mêlée et enrichie du quotidien. Son souci du détail, de l’atmosphère et de la sensibilité humaine va jusqu’à s’immerger dans les divers pays où la mèneront ses enquêtes et ses recherches.

Une véritable passion des voyages lui fera couramment évoquer avec admiration Alexandra David Neel. Appréhender les horizons lointains est une coutume familiale à laquelle elle n’a pas dérogé. Ces derniers enrichissent considérablement ses romans. Ainsi une expatriation de huit années lui permit l’écriture originale de deux romans se déroulant en Polynésie française.

Elle qualifie son écriture d’« écriture immersive », tant son besoin de peindre l’humanité profonde de tous ses personnages, avec leurs dons, leurs défauts et leurs préoccupations, est vivace.

Son épopée La Mémoire froissée fut un succès. Suivirent : D’or de sang et de soie, puis l’Hérétique, qui lui apportèrent un lectorat fidèle.

Malgré ses multiples occupations, elle prit le temps d’obtenir un brevet de parachutiste, de faire de nombreuses expositions de peinture à l’huile.

Son temps présent est totalement occulté par la création qui lui tient à cœur : reprendre un grand mythe de l’humanité pour en faire une réalité. 

 

« Nous sommes des Celtes. Bercée par ce leitmotiv que Charles, mon père, répétait à l'envi, c’est tout naturellement que l’Histoire se mit à couler dans mes veines. J’abordai à peine l’adolescence, que le moyen âge devînt ma tasse de thé, amplement abreuvée par une grand-mère écossaise, issue d’un clan célèbre.

Ce fut vraiment la première personne qui marqua mon enfance, comme une image fabuleuse… Une vie qui valait plus que les autres, parce qu’elle avait voyagé, pris des risques insensés, connu trois continents, largué des mines d’argent contre des emprunts russes, échangé deux vraies jambes contre deux autres en bois, à la suite d’un accident de tramway dans la ville de Montpellier. Comment vouliez-vous que mon imagination ne fût pas marquée par un tel personnage ?

J’acquis donc, avec mon père, une solide culture en Histoire et grâce à ma grand-mère Ann Mac Clark, des semelles de vent.

Les voyages, les rencontres les plus hétéroclites, les terres déchirées par la guerre, tout était bon pour étancher cette fièvre de la découverte. »