Chasse à Tours

L’astre nocturne éclairait le parc de son gros disque rond, donnant aux arbres un aspect fantomatique. Un hibou cria sa chanson lugubre à la lune… Seule, assise dans l’herbe, la jeune femme tremblait. Ce n’était pas uniquement dû aux tambours qui lui martelaient le crâne, ni à la rosée qui enveloppait peu à peu son corps nu… elle avait peur !

 

Se frottant le poignet gauche, elle sentit la marque d’une piqûre ; j’ai été droguée, c’est certain, pensa-t-elle. Elle fit un effort pour se remémorer les moments précédant sa présence dans cet endroit, en vain. Elle ne se souvenait de rien. Juste d’un grand vide, et cette douleur lancinante dans le crâne…

 

— Le gibier est lâché !

 

Elle sursauta au timbre de cette voix venue de nulle part ! Le gibier ? Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? Un sifflement soudain mit fin à ses interrogations. Un petit objet venait de se ficher dans le sol, à quelques millimètres de son pied droit : une sorte de fléchette qu’elle n’eut pas le temps de ramasser. Un second sifflement lui arracha un cri de douleur ! Le projectile s’était fiché dans son épaule gauche. C’est alors qu’elle comprit : le gibier c’était elle !

 

Elle se mit à courir en hurlant comme une folle, dans ce parc inconnu…