Terres de sang et de lumière


TOME 1

En l’an 1096, la jeune franque Mahaut de Saint-Victor se prépare à quitter le château familial en Picardie pour accompagner ses oncles et son frère qui vont délivrer Jérusalem, à la demande du pape Urbain II, ainsi qu’il le prêche aux futurs croisés lors de l’immense rassemblement qu’il a convoqué devant l’abbaye de Clermont en Auvergne.

Cette première croisade, celle Des Chevaliers, sera le plus exécrable des voyages jamais vécus à cette époque, d’autant plus que leurs familles, femmes et enfants participeront à l’expédition. Il faut préparer les convois, chariots, chevaux et bœufs, puis la nourriture, les bâches, les couvertures, les armes, les casques et les cottes de maille.

Tous ceux qui reviendront de Jérusalem délivrée de la main des impies seront pardonnés de tous leurs péchés. C’est ce que prêche le pape. L’Église est ferme : il faut se libérer de la menace turque qui pèse en Palestine et tuer les hérétiques.

Dotée de sa foi chrétienne, Mahaut part avec sa famille pour rejoindre le gigantesque rassemblement à Clermont d’où partira la croisade, menée par Godefroy de Bouillon, en direction de l’Orient.



Tome 2

Abordant les rives du Danube, Mahaut, la jeune franque, commence à s’interroger, car si son exaltation est grande, des questions ne cessent de la poursuivre. S’apprêtant à traverser les pays germaniques, le massacre des Juifs en Rhénanie la laisse trop horrifiée pour qu’elle reste insensible. Pourquoi la religion devrait-elle engendrer la haine quand la foi est en cause ?

Le voyage se poursuit sur les bords du Danube, qui se font souvent impitoyables. Le froid sévit, la nourriture manque, les chevaux et les bœufs fatiguent, les chariots cèdent parfois sous la violence des tempêtes.

Pourtant il faut avancer et traverser la Hongrie où Godefroy de Bouillon se heurte à des peuplades agressives et méfiantes. Enfin, reste la Bulgarie où les Byzantins attendent les croisés pour les mener aux portes du Bosphore. Mais, là encore, bien des péripéties sont à venir.



Tome 3

Impuissante, Mahaut est horrifiée devant les milliers de croisés qui, bloqués aux portes du Bosphore, meurent chaque jour à cause de la famine et des maladies.

L’empereur Alexis Comnène refuse de laisser les croisés entrer dans Constantinople tant que les chefs de guerre, Godefroy de Bouillon en tête, n’accepteront pas de se soumettre à lui. Il leur réclame toutes les cités arabes qu’ils auront conquises. Les discussions, querelles et controverses sont longues et compliquées entre le basileus et les Francs.

En attendant, l’armée des croisés est toujours cantonnée sous les remparts de la ville, gardés et surveillés par les soldats de l’empereur.

Peu à peu, Mahaut comprend que d’autres enjeux ont motivé cette croisade, et que le désir de délivrer le Saint Sépulcre n’est pas toujours l’objectif premier des participants.



Tome 4

À Constantinople, Mahaut découvre la civilisation byzantine et sa haute culture. Elle observe, émerveillée, ce mélange d’Occident et d’Orient. Tant de choses opposent les deux mondes et tant d’autres les confrontent, à commencer par les fondements de l’Église orthodoxe, si différents de ceux des chrétiens de l’Église romaine.

Séduite par Anne Comnène, la fille de l’empereur, Mahaut se laisse entraîner dans un monde de raffinements extrêmes qui la subjuguent et l’amènent à penser que d’autres cultures valent bien la sienne. Mais elle se sent partagée, car elle comprend aussi que ces chrétiens orthodoxes – fins, habiles et rusés – sont persuadés que rien ne peut être comparé à la gloire de Byzance. Aucun autre monde, aucune autre culture ne peut les dépasser, ni même les égaler.

Les invitations et les réceptions au palais de l’empereur, les festins grandioses, les splendeurs de la ville, les cadeaux somptueux qui sont offerts aux chefs des Croisés, sont autant de mirages, qui contribuent à détourner les croisés de leurs objectifs ambitieux.



Tome 5

Mahaut de Saint Victor et son amie Sarah qui, sans renier sa religion juive s’apprête à prendre celle des chrétiens de Rome, ouvrent les yeux sur un monde qu’elles ne connaissent pas.

L’Orient se dévoile au grand jour. Groupés dans les montagnes, les premiers Sarrasins se dissimulent, puis sabre en main se découvrent et attaquent.

La croisade prend le chemin d’Antioche. Après les steppes brûlantes de l’Anatolie, ce sont les pièges sournois du désert : jour après jour, épuisement, famine, épidémie, peur et perte de la foi, déciment les armées de Godefroy de Bouillon. Chrétiens et musulmans s’affrontent dans des tueries sanglantes.

Entièrement investies dans cette infernale épopée, Mahaut et ses proches compagnes sont en plein cœur des combats. Elles n’ont plus qu’un recours, se défendre et se battre, l’épée en main. Tout n’est plus que violence entre les partisans du Christ et ceux de Mahomet.



Tome 6

La chaleur est pesante, suffocante, insupportable. La soif est permanente et la famine guette. Et si, dans la chaleur étouffante les têtes des croisés tombent sous le sabre des Turcs, les cités arabes tombent elles aussi, sous les boulets que lancent les catapultes des croisés.

Dans la tourmente des combats, Mahaut est capturée par le sultan Kijid Arslan qui, de cette façon, monnaye la libération de ses deux jeunes fils, prisonniers des croisés.

En attendant l’issue de ces deux prises d’otages qui ébranlent les deux camps, et avant que la citadelle d’Antioche ne tombe, ce sont celles de Nicée, de Dorylée, d’Héraclée et d’Iconium qui sombrent.

Plus la croisade avance, et moins les barons et seigneurs peuvent cacher leur soif de conquêtes et de gloire. Des tensions apparaissent, avivées par la dureté des combats. Pour eux, il n’est plus question de respecter les engagements pris à l’égard de l’empereur de Constantinople.

Cependant la route est encore longue avant d’atteindre Jérusalem et, si les Turcs reculent, ce n’est pas sans résister.



Tome 7

Tandis que les croisés, pressés d’entrer à Jérusalem, arrivent en Palestine et que la vue du Jourdain apaise les esprits agités, les barons les plus cupides se partagent la Cilicie, l’Arménie et les régions conquises dans la Syrie du Nord.

Les territoires turcs traversés étaient devenus byzantins. Mais à présent, les cités traversées de Jabala, Tortose, Arqua, Tripoli, puis Haïfa et Césarée, sont annexées au seul profit des seigneurs francs et les troupes sont enfin au repos.

La Judée est un havre de paix. Le site est superbe, mêlant des collines de roches et de verdure et des cascades apportant la fraîcheur. Mais les vallées arrondies, douces, fleuries et rassurantes, n’empêchent pas Mahaut de connaître une relation des plus tourmentées avec le baron Jean de Villedieu, son fiancé, qu’elle s’était engagée à épouser à l’issue de la croisade, à Jérusalem. Le projet semble compromis.



Tome 8

Mahaut est anéantie par le déferlement des armées croisées qui, enfin, entrent à Jérusalem. Stupéfiée, elle assiste à la folie meurtrière menée par des chefs qui, au nom de Dieu deviennent sanguinaires. Personne n’est épargné, ni musulmans, ni juifs, ni même chrétiens qu’ils soient de Byzance, d’Europe ou d’Arménie. Il faut tout exterminer par le sang.

Dispersion, chaos, désarroi, lamentations. Dieu le veut ! crie-t-on de toutes parts. Tuez les hérétiques, il faut tous les tuer ! Plus rien ne semble logique. Les feux allumés brûlent les églises, les synagogues et les mosquées. Tout autour des flammes, les épées des Croisés transpercent les corps. Les familles sont terrifiées, choquées, dispersées.

Mahaut, elle, ne comprend plus rien. Retrouvant son amie Sarah, elles ne pensent plus qu’à fuir cet enfer. La rencontre d’une jeune Syrienne qui, elle aussi, cherche à fuir les tueries de Jérusalem, les pousse à s’échapper de la ville. Elle leur propose d’aller à Damas, là où elle vit, leur expliquant qu’elles y trouveront un havre de paix.

Un voyage initiatique qui sera source de sagesse pour Mahaut de Saint Victor.