Athanor, Le Cantique des Mondes


Bientôt en version papier


Athanor, le creuset de l’alchimiste.

La Mort, née du vide, connaît le premier nombre et le dernier. Elle sait que l’énergie noire étire l’univers de façon exponentielle, qu’il va se déchirer et qu’alors, elle prononcera le dernier nombre. Or, la Mort ne veut pas mourir…

Un univers au bord de la déchirure frôle le nôtre… Si un plus un font deux, un et un font trois… Et si ces univers se fondaient en un troisième ? Plus grand, plus fort ?

Il faudrait y aller. Mais la Mort ne peut nous quitter…

Un soir de décembre, au Jardin des Tuileries, elle rejoint un sculpteur dans une allée déserte. Son heure est proche, René ne le sait pas, dans le fond, il s’en fiche.

La Mort l’aborde et lui propose une tasse chocolat Chez Angélina, non loin, au sein du velours et des dorures colchique.

Entre deux gorgées exquises, elle lui annonce que son heure est venue, à moins qu’il n’accepte un marché… René se dit que mourir Chez Angelina gâcherait le goûter de tous ces m’as-tu-vu qui l’entourent, ce qui le tente sérieusement, mais la curiosité l’emporte :

— De quoi s’agit-il ?

— Fondre deux univers en un, le nôtre et celui qui nous frôle dans l’espoir que leur union les sauve. Il vous faudra toute votre raison, car j’ignore ce que vous trouverez de l’Autre Côté.

— Comment partirai-je ?

— Vous vous mettrez devant le miroir de votre salle de bain et plongerez les yeux dans les vôtres jusqu’à ce que les larmes vous viennent.

Il la regarde et se rend compte qu’il ne peut la voir. Il n’existe aucun mot pour la décrire. Elle pose la main sur la sienne, se lève et s’en va.

La Mort sait-elle que les univers sont créés par d’inconcevables Entités en harmonie avec le Néant ? Ces Entités enfantent les univers, le Néant les annihile quand ils arrivent à maturité.

Les Entités, le Néant laisseront-ils se fondre deux univers en un et bouleverser l’ordre des choses, établi de toute éternité ? Cet ordre machinal a-t-il un sens ?

Et René ?

Il arrive que la loi de gravitation universelle élargisse son énoncé, que deux cœurs s’attirent en raison inversement proportionnelle au carré de leur distance, quels que soient les univers.

À quel prix ?